Vivre l’instant présent : à la lueur des phares

Je me rendais au Luxembourg en voiture et la nuit était tombée. Je roulais alors en pleine campagne sur une route départementale, les phares du véhicule en position « feux de croisement ». Ce qui me permettait de voir uniquement à quelques mètres devant la voiture.
Je me suis demandé pourquoi je n’avais pas encore utilisé les feux de route (pleins phares) alors que je me trouvais seul sur la route.

Et pourtant je persistais, pour je ne sais quelle raison, à rouler, les phares en position « feux de croisement ». Et de me fier ainsi aux tournures de la ligne blanche médiane, aux panneaux indiquant la limitation de vitesse ou annonçant l’imminence des virages.

J’avais ainsi décidé de ne pas anticiper et d’accueillir le tracé de la route quasiment en temps réel.
Je ressentais une forme d’appréhension dans cette vision limitée de mon parcours. Qu’allais-je donc découvrir dans les prochains mètres ? Allais-je réussir à maintenir la juste vitesse et rester sur l’asphalte ?
Et puis au fur et à mesure de cette nouvelle exploration, j’en vins à ressentir une sensation de bonheur. Celle présente lorsque l’on se rend compte que tout se passe bien et qu’il n’y a pas lieu d’avoir peur. Et au final, je trouvais cela même amusant.

Certes cette expérience m’obligeait à rester présent et vigilant. Pour autant sans y dépenser trop d’énergie.
J’avais l’impression de me laisser guider par les indications du parcours et de laisser mon corps gérer la conduite. J’avais une totale confiance en mes réactions corporelles si une anomalie devait survenir.

Une pensée m’a alors traversé l’esprit : « N’est pas cela vivre le moment présent ? » « A tourner le volant lorsque le virage se présente, à ralentir ou accélérer à l’indication du panneau ? » « A ne pas me projeter sur ce qu’il pourrait advenir au-delà des quelques mètres de vision ? »

Cette expérience m’a rappelé la rencontre d’une jeune femme en Italie qui m’avait proposé, alors qu’elle se trouvait au volant de son véhicule et moi-même en position passager, de rouler les phares éteints en pleine nuit. J’avais trouvé à l’époque cette proposition complètement saugrenue et irresponsable.

Aujourd’hui je me délecte de marcher sans lampe à la nuit tombée, laissant mon corps se glisser dans l’obscurité et respirer pas après pas…

Eric

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