Chamanisme et Neochamanisme

Extraits de « Chamanisme et constellations familiales » de Daan VAN KAMPENHOUT

Origine

« …On utilise le terme « chamanisme » en anthropologie. A l’origine, il servait à décrire les traditions et pratiques spirituelles de différents groupes ethniques de Sibérie, Mongolie, Laponie, et de certaines régions de l’Alaska et du Canada.
L’un des concepts essentiels du chamanisme est que le monde dans lequel nous vivons n’est qu’un monde parmi de nombreux autres. Chaque monde est considéré comme un segment d’un univers à couches verticales; ils sont traversés par un axe qui les unit et qui porte généralement le nom d’arbre universel. Au-dessus de nous s’étendent les mondes supérieurs, au-dessous, les mondes inférieurs. Ces mondes sont habités par des esprits de tous genres. Ce sont les grandes forces de la nature: les quatre esprits des quatre directions, les montagnes, les océans, le tonnerre. Ce sont les esprits des animaux, des végétaux, et les âmes ou esprits des humains décédés. Il existe également des esprits de la nature plus petits, parmi lesquels des entités comme celles que l’on appelle elfes et lutins en Europe occidentale… »

« …Selon les traditions chamaniques, certains de ces esprits ont un rôle d’enseignement ou de soutien tandis que d’autres ignorent les humains ou se montrent même parfois violents et mal disposés envers eux… »

« …Ces différents mondes interagissent les uns sur les autres à tout moment; ils se chevauchent et fusionnent de bien des façons, unis symboliquement par l’arbre universel… »

Neochamanisme

« …A l’origine, le terme chamanisme décrivait une forme spécifique de communication avec les esprits, qui impliquait le costume de chaman, les chants improvisés et le grand tambour plat… »

« …On assiste à la renaissance du Chamanisme qui s’est modernisé; d’où le terme de Neochamanisme. De nos jours, la plupart des Occidentaux utilisent le mot chamanisme non pas pour décrire une forme, mais un contenu: il signifie maintenant avoir une relation consciente avec les esprits… »

Je conçois le terme Neochamanisme comme englobant également le fait qu’une pratique néo-chamanique ne se déclare d’aucune obédience et rassemble des techniques émanantes de différentes cultures.

Extraits de « Possession et chamanisme » de Bertrand Hell

« Le terme de chamanisme a été forgé à partir de saman, le nom utilisé par les toungouses (Evenk), une petite population répandue dans toute la Sibérie orientale. Connu dès le 17ème siècle grâce aux récits de voyage, le mot chamane entre officiellement dans la langue française en 1842; il sert aujourd’hui à qualifier un personnage cumulant les fonctions de magicien, de sorcier, de guérisseur et de devin. Le saman est « soit celui qui sait », soit celui qui « bondit, s’agite, danse ».

« Dans un premier temps, la littérature ethnologique réserva l’emploi du terme chamanisme pour décrire les pratiques propres à l’aire sibérienne et asiatique. Des systèmes comparables sont signalés dès la première moitié du XXeme Siècle dans l’Amérique indienne (du Nord puis en Amazonie), chez les Eskimo, au Népal mais aussi en Chine, au Japon ou en Corée. A l’heure actuelle, de l’Afrique à l’Australie il n’est d’aire culturelle qui ne présente des phénomènes de type chamanique. Peu à peu le terme toungouse supplante le nom vernaculaire en usage dans les populations étudiées. Rares sont aujourd’hui les ethnologues qui utilisent encore les termes originels de médecine-man pour l’Amérique du Nord ou de brujo (le sorcier-guérisseur) pour l’Amérique latine. »

« Chamanisme et culte de possession sont les deux principaux systèmes élaborés par les sociétés humaines pour fixer le cadre du contact direct, délibéré, maîtrisé avec les esprits. Dans les 2 cas, le rituel repose sur l’idée centrale d’une rencontre entre l’initié et l’invisible, face-à-face conduisant à une transformation profonde de sa personne. »